L'horreur du Château de Xyr (set by Skyrim.esm)

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skyrim.esm:01AFEC
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01AFEC
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SkillDestruction1 (set by Skyrim.esm)
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(none)
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HighPolyDestructionBook (set by Skyrim.esm)
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55 (set by Skyrim.esm)
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Book or tome (set by Skyrim.esm)
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Skill: Destruction (set by Skyrim.esm)
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VendorItemBook, GiftWizardSpecial (set by Skyrim.esm)
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L'HORREUR DU CHÂTEAU DE XYR
Drame en un acte

Par
Baloth-Kul


* Personnages *
Clavides, capitaine de la garde impériale, Cyrodiiléen.
Anara, servante dunmer.
Ullis, lieutenant de la garde impériale, Argonien.
Zollassa, jeune magicienne argonienne.


Tard le soir. Le rideau s'ouvre sur l'intérieur décoré de tapisseries et de meubles du grand hall d'entrée d'un château à Scath Anud. L'endroit n'est éclairé que par des torches. Au centre de la scène, au fond, se dressent les grandes portes de fer, l'entrée principale du château. L'escalier qui mène à l'étage supérieur est juste à côté de cette porte. Sur la gauche de la scène, on voit la porte de la bibliothèque qui est actuellement fermée. Sur la droite de la scène, une armure de sept mètres de haut, qui touche presque le plafond. Bien qu'on ne voie personne, on entend une femme qui chante dans la bibliothèque.

Des coups sourds contre la porte de fer interrompent la femme. La porte de la bibliothèque s'ouvre et ANARA, une servante tout à fait banale, en sort pour aller ouvrir la porte principale. CLAVIDES, un charmant jeune homme en tenue impériale se tient à l'entrée.

ANARA : Bonsoir à vous, seigneur.

CLAVIDES : Bonsoir. Votre maître est-il présent ?

ANARA : Non, seigneur, il n'y a que moi ici. Mon maître, le professeur telvanni Hordalf Xyr, séjourne dans sa résidence d'hiver. Puis-je vous être utile ?

CLAVIDES : Peut-être. Cela vous ennuierait-il que j'entre ?

ANARA : Pas du tout, seigneur. Je vous en prie. Puis-je vous proposer un verre de flin ?

Clavides passe dans l'entrée et inspecte les lieux du regard.

CLAVIDES : Non, merci. Quel est votre nom ?

ANARA : Anara, seigneur.

CLAVIDES : Anara, quand votre maître a-t-il quitté Scath Anud ?

ANARA : Il y a plus de quinze jours. C'est pour cela qu'il ne reste que moi dans le château, seigneur. Tous les autres serviteurs et esclaves voyagent avec mon maître. Y a-t-il un problème ?

CLAVIDES : Oui, en effet. Connaissez-vous un Cendrais du nom de Sul-Kharifa ?

ANARA : Non, seigneur. Je ne connais personne de ce nom.

CLAVIDES : Alors vous ignorez certainement qu'il est mort. On l'a découvert il y a quelques heures mourant de froid dans les Terres-Cendres. Il était hystérique, presque incompréhensible mais, dans ses dernières paroles, nous avons compris "château" et "Xyr".

ANARA : Mourir de froid en plein été dans les Terres-Cendres ? C'est assez étrange. Il est possible que mon maître l'ait connu mais cet étranger étant un Cendrais et mon maître appartenant à la Maison Telvanni, je doute, mon seigneur, qu'ils aient pu être amis.

CLAVIDES : C'est la bibliothèque de votre maître ? Cela vous ennuie-t-il si j'y jette un coup d'oeil ?

ANARA : Je vous en prie, seigneur, allez où bon vous semble. Nous n'avons rien à cacher. Nous sommes de loyaux sujets de l'Empire.

CLAVIDES : Comme tous les Telvannis, à ce que l'on dit.

(Cette réplique ne doit pas être prononcée de façon sarcastique. Des rires se feront entendre quelle que soit la tendance politique de l'audience.)

Clavides entre dans la bibliothèque et examine les livres.

CLAVIDES : La bibliothèque a besoin d'être dépoussiérée.

ANARA : Oui, seigneur. C'est ce que j'étais en train de faire quand vous avez frappé à la porte.

CLAVIDES : Je vous en suis reconnaissant. Si vous aviez terminé, je n'aurais pas pu remarquer une trace dans la poussière indiquant qu'un gros livre a récemment été enlevé. Votre maître est un mage, semble-t-il.

ANARA : Non, seigneur. Il étudie beaucoup la magie mais il ne lance aucun sort, si c'est ce que vous entendez par mage. C'est un kena, un professeur, il a fait des études. Vous savez, maintenant que j'y pense, je sais ce qui est arrivé à ce livre. Un des autres kenas de l'Académie est passé hier et a emprunté deux livres. C'est un ami du maître, alors je n'y ai vu aucun inconvénient.

CLAVIDES : Ce kena, s'appelle-t-il Warvim ?

ANARA : C'est possible. Je ne m'en souviens pas.

CLAVIDES : Il y a un kena suspecté de nécromancie à l'Académie. Il se nomme Warvim et nous l'avons arrêté la nuit dernière. Nous ignorons ce qu'il faisait là-bas mais ses activités étaient certainement illégales. Est-ce le kena qui a emprunté le livre ? Un petit individu, infirme avec une patte folle.

ANARA : Non, seigneur, ce n'était pas le kena d'hier. C'était un individu imposant qui marchait normalement.

CLAVIDES : Il va falloir que je jette un coup d'oeil au reste de la maison si cela ne vous fait rien.

Clavides monte l'escalier et dit ce qui suit alors qu'il est à l'étage et dans les chambres du premier. Anara continue à s'occuper en bas et déplace un banc près de l'armure, pour nettoyer par terre.

ANARA : Seigneur, puis-je vous demander ce que vous cherchez ? Peut-être pourrais-je vous aider ?

CLAVIDES : Sont-ce là toutes les chambres du château ? N'y a-t-il pas de passages secrets ?

ANARA (en riant) : Oh ! Seigneur, pourquoi mon maître Hordalf Xyr aurait-il besoin de passages secrets ?

CLAVIDES (en regardant l'armure) : Votre maître est plutôt grand.

ANARA (en riant) : Oh ! Seigneur, ne vous moquez pas. Cette armure géante ne sert qu'à la décoration. Mon maître a tué ce géant il y a dix ans et il garde cette armure en souvenir.

CLAVIDES : C'est vrai, je me souviens d'avoir entendu cette histoire quand j'ai été nommé à mon poste dans la région. C'est un certain Xyr qui a tué le géant, mais je ne me souvenais plus que son nom était Hordalf. Je perds la mémoire, on dirait. Quel était le nom du géant ?

ANARA : Je crains de ne pas m'en souvenir, seigneur.

CLAVIDES : Moi si. Il se nommait Torfang. "Je suis sorti du bouclier de Torfang."

ANARA : Je ne comprends pas, seigneur. Le bouclier de Torfang, dites-vous ?

Clavides descend l'escalier en courant et examine l'armure.

CLAVIDES : Sul-Kharifa a dit quelque chose à propos du bouclier de Torfang. Je croyais qu'il délirait.

ANARA : Mais il n'y a pas de bouclier, seigneur.

Clavides écarte le banc, dévoilant le grand bouclier posé au pied de l'armure.

CLAVIDES : Si, il en a un. Vous l'aviez dissimulé à l'aide de ce banc.
ANARA : Je ne l'ai pas fait volontairement, seigneur ! Je fais juste le ménage ! Je vois cette armure tous les jours, seigneur, et je jure que je n'avais jamais remarqué ce bouclier !

CLAVIDES : Ce n'est rien, Anara, je vous crois.

Clavides appuie sur le bouclier, qui s'écarte et révèle un tunnel descendant.

CLAVIDES : Il semblerait que Hordalf Xyr ait tout de même besoin d'un passage secret. Pourriez-vous me donner une torche ?

ANARA : Je n'ai jamais rien vu de tel !

Anara prend une torche au mur et la donne à Clavides. Ce dernier entre dans le tunnel.

CLAVIDES : Attendez ici.

Anara regarde Clavides disparaître dans le tunnel. Elle semble nerveuse et finit par courir vers la porte d'entrée. Quand elle l'ouvre, elle découvre ULLIS, un lieutenant argonien de la garde impériale qui monte la garde. Elle pousse un cri.

ULLIS : Navré de vous avoir effrayée.

ANARA : Ce n'est pas le moment ! Allez-vous-en !

ULLIS : Je ne crois pas que cela ferait plaisir au capitaine, mademoiselle.
ANARA : Vous êtes... avec le capitaine ? Ça alors...

Clavides sort du tunnel, il est tout pâle. Il lui faut quelques instants pour réussir à parler.

ULLIS : Capitaine ? Qu'y a-t-il en bas ?

CLAVIDES (à Anara) : Saviez-vous que votre maître était un nécromancien ? Que votre cave est pleine de cadavres ?

Anara s'évanouit. Ullis la transporte jusqu'au banc et l'allonge là.

ULLIS : J'aimerais aller voir ça, seigneur.

CLAVIDES : Vous le verrez bien assez tôt. Il va nous falloir tous les soldats de la garnison pour transporter les cadavres. Ullis, j'ai assisté à de nombreuses batailles, mais je n'ai jamais rien vu de tel. Il n'y en pas deux pareils. Khajiits, sloads, Dunmers, Cyrodiiléens, Brétons, Nordiques, brûlés vifs, empoisonnés, électrocutés, fondus, démembrés, retournés comme un gant, réduits en charpie et reconstitués...

ULLIS : Vous pensez que le Cendrais a réussi à fuir ?

CLAVIDES : Je l'ignore. Pourquoi quelqu'un ferait-il une telle chose, Ullis ?

On frappe à la porte. Clavides va ouvrir. Une jeune Argonienne, Zollassa, se tient à l'entrée, un paquet et une lettre à la main.

ZOLLASSA : Bonjour, vous n'êtes pas le seigneur Xyr, n'est-ce pas ?

CLAVIDES : Non. Qu'apportez-vous donc ?

ZOLLASSA : Une lettre et un paquet que je dois lui remettre. Sera-t-il bientôt de retour ?

CLAVIDES : Je ne pense pas. Qui vous a remis ce paquet ?

ZOLLASSA : Mon professeur à l'Académie, le kena Warvim. Il a une patte folle, aussi m'a-t-il m'a demandé de porter ceci à Sa Seigneurie. En fait, pour vous dire la vérité, je devais lui apporter tout ça la nuit dernière mais j'étais occupée.

ULLIS : Bonjour, soeur, nous le lui remettrons quand nous le verrons.

ZOLLASSA : Salut, frère. J'ai entendu dire qu'il y avait un charmant Argonien à Scath Anud. Malheureusement, j'ai promis au kena Warvim de remettre ce paquet en mains propres à Sa Seigneurie. Je suis déjà en retard, je ne peux...

CLAVIDES : Nous sommes des gardes impériaux, mademoiselle. Nous prenons le paquet et la lettre.

Zollassa donne à contrecoeur le paquet et la lettre. Elle se retourne pour s'en aller.

ULLIS : Vous êtes à l'Académie, si nous avions besoin de vous parler ?
ZOLLASSA : Oui, frère.

ULLIS : Bonne nuit, soeur.

Clavides ouvre le paquet tandis que Zollassa sort. Il s'agit d'un livre avec de nombreux feuillets détachés.

CLAVIDES : Je crois que nous avons trouvé le livre manquant. Livré en mains propres.

Clavides commence à lire le livre silencieusement.

ULLIS (par-devers lui, très satisfait) : Encore une Argonienne à Scath Anud... et mignonne avec ça. J'espère que nous ne nous sommes pas montrés trop grossiers. J'en ai assez de toutes ces femmes à la peau douce et humide. J'aimerais bien pouvoir la revoir quand je ne serai pas de garde.
Tout en parlant, Ullis ouvre la lettre et la lit.

ULLIS (poursuivant son monologue) : Elle doit venir du Sud, comme moi. Les Argoniennes du Nord, du Marais noir, sont... beaucoup... moins...

Ullis continue de lire, médusé par la lettre. Clavides passe directement à la fin du livre et lit les dernières phrases.

CLAVIDES (lisant) : À l'encre noire : "Le Khajiit mâle n'a montré que peu de résistance à un simple sort de foudre, mais j'ai obtenu des résultats physiologiques intéressants avec un sort intermédiaire d'acide utilisé progressivement sur plusieurs jours." À l'encre rouge dans la marge : "Oui, je vois. Le sort d'acide a-t-il été utilisé uniformément sur tout le corps du sujet ?" À l'encre noire : "La femme nordique a été soumise à seize heures d'exposition à un sort de froid qui l'a cristallisée et l'a plongée dans un état d'animation suspendue dont elle est morte. Contrairement à l'homme nordique et au Cendrais qui ont sombré dans l'inconscience mais qui s'en sont remis. Le Cendrais a alors tenté de s'échapper, mais je l'en ai empêché. Puis le Nordique a eu une réaction chimique intéressante à un simple sort de feu avant de mourir. Consulter l'illustration ci-jointe." À l'encre rouge : "Oui, je vois. La manière dont apparaissent les cloques et les lésions suggère une sorte de combustion interne probablement provoquée par la combinaison d'une faible exposition au feu suivant une longue exposition au froid. Il est navrant que je ne puisse venir assister personnellement à ces expériences mais je vous adresse toutes mes félicitations pour ces notes excellentes." À l'encre noire : "Merci pour cette idée d'empoisonner lentement ma servante Anara. Les dosages que vous m'avez suggérés ont eu des résultats fascinants et érodent sa mémoire progressivement. J'ai l'intention d'augmenter ces dosages de manière exponentielle pour savoir combien de temps cela lui prendra pour le remarquer. À ce propos, il est navrant que je n'aie aucun sujet argonien, mais les marchands d'esclaves m'ont promis un spécimen en bonne santé pour cet automne. J'aimerais effectuer des tests sur leur métabolisme et les comparer à ceux des Elfes et des humains. Je pense qu'un sort intermédiaire de foudre, utilisé de manière continue, ne serait pas fatal à un Argonien pendant plusieurs heures. Au moins, un résultat similaire à celui que j'ai obtenu avec les femmes cyrodiiléennes et, bien entendu, le géant." À l'encre rouge : "Il aurait été dommage d'attendre l'automne pour voir cela."

ULLIS (lisant la lettre) : À l'encre rouge, "voici votre Argonien. Faites-moi parvenir vos résultats." C'est signé kena Warvim.

CLAVIDES : Par Kynareth, ce n'est pas de la nécromancie ! C'est de la destruction. Warvim et Hordalf Xyr ne réalisaient pas des expériences sur la mort, mais sur les limites de la torture par magie.

ULLIS : La lettre n'est pas adressée à Hordalf Xyr, mais à Iachilla Xyr. Sa femme, à votre avis ?
CLAVIDES : Iachilla. C'est cette Telvanni de la famille Xyr, dont j'ai entendu parler à propos de cette histoire de géant. Il vaut mieux faire sortir la servante, elle va avoir besoin d'un guérisseur.

Clavides réveille Anara, qui semble désorientée.

ANARA : Que se passe-t-il ? Qui êtes-vous ?
CLAVIDES : Ne vous inquiétez pas, tout va bien. Nous allons vous conduire chez un guérisseur.

ULLIS : Avez-vous besoin d'un manteau, Iachilla ?

ANARA : Non merci, je n'ai pas froid...

Anara/Iachilla se tait, réalisant qu'elle vient de se faire prendre au piège. Clavides et Ullis dégainent leurs épées.

CLAVIDES : Vos doigts sont tachés d'encre noire, Madame.

ULLIS : Et, quand vous m'avez vu à la porte, vous pensiez que j'étais l'Argonien que votre ami vous avait envoyé. C'est pour cela que vous avez dit : "Ce n'est pas le moment ! Allez-vous-en !"

ANARA/IACHILLA : Vous êtes plus observateurs qu'Anara. Elle n'a jamais compris ce qui lui arrivait, même quand j'ai triplé le sort de poison et qu'elle est morte dans d'affreuses souffrances.

ULLIS : Qu'alliez-vous utiliser contre moi en premier, la foudre ou le feu ?

ANARA/IACHILLA : La foudre. Je trouve le feu trop imprévisible.

Tandis qu'elle parle, les torches s'éteignent. La scène est plongée dans le noir.

On entend un bruit de lutte, le choc des épées. Soudain, un éclair jaillit, puis c'est le silence. Dans les ténèbres, Anara/Iachilla parle.

ANARA/IACHILLA : Fascinant.

D'autres éclairs viennent déchirer l'obscurité avant que le rideau se ferme.

FIN.