La leçon de tir (set by Skyrim.esm)

Metadata

FormId
skyrim.esm:01B26D
Owning plugin
skyrim.esm
Local FormId
01B26D
Editor ID
SkillMarksman2 (set by Skyrim.esm)
Inventory image
(none)
Menu art
HighPolyBasicBook03a (set by Skyrim.esm)
Value (gold)
65 (set by Skyrim.esm)
Type
Book or tome (set by Skyrim.esm)
Weight
1 (set by Skyrim.esm)
Can be taken
Yes (set by Skyrim.esm)
Teaches
Skill: Archerie (set by Skyrim.esm)
Inventory description
(none) (set by Skyrim.esm)
Keywords
VendorItemBook, GiftWarriorSpecial, GiftThiefSpecial (set by Skyrim.esm)
Locations (6)
Direct (5)
  • FaldarsTooth01 · (3898.5, 3425.4, -500)
    coc FaldarsTooth01;player.moveto 0010DDB2
  • WhiterunJorrvaskrBasement · (1206.9, -16.5, 58.8) Scripted
    coc WhiterunJorrvaskrBasement;player.moveto 001085B3
  • DawnstarSanctuary · (750.7, 4047.1, 5590.3)
    coc DawnstarSanctuary;player.moveto 001082A2
  • MixwaterMillGilfresHouse · (1192.5, -323.9, 339)
    coc MixwaterMillGilfresHouse;player.moveto 000FF87E
  • CliffsideRetreat (grid -27,13) · (-108303.1, 56532.7, -7489.2)
    coc CliffsideRetreat;player.moveto 00108DF8
Container (1)
  • QASkillBookContainer — QASmoke · (1920, 2368, 6976)
    coc QASmoke;player.moveto 0010DA00
Leveled lists (0)
Scripts (0)

Content (set by Skyrim.esm)


LA LEÇON DE TIR


par
Alla Llaleth



elmeril Brin avait des idées bien arrêtées sur la manière de faire les choses. Chaque esclave acheté était immédiatement fouetté dans la cour, une à trois heures durant suivant ses aspirations à l'indépendance. Le fouet utilisé, par lui ou par le châtelain, était composé de bandelettes de linge humide nouées qui faisaient régulièrement couler le sang sans jamais marquer. À sa grande satisfaction, peu d'esclaves devaient être fouettés plus d'une fois, ce qui faisait sa fierté. Le seul souvenir de leur premier jour et la vue du supplice enduré par chaque nouvel arrivant les hantait toute leur vie.

Lorsque Brin acheta son premier esclave bosmer, il ordonna à son châtelain de ne le fouetter qu'une heure. La créature, que Brin avait prénommée Dob, semblait bien plus délicate que les Argoniens, les Khajiits et les Orques qui constituaient la majorité de ses esclaves. Dob n'était clairement pas bâti pour le travail à la mine ou dans les champs, mais conviendrait davantage aux tâches domestiques.

Dob travaillait en silence et plutôt bien. Brin devait parfois le corriger en le privant de nourriture, mais la punition s'arrêtait là. Lorsque des invités arrivaient à la plantation, la vue d'un nouvel élément aussi exotique et élégant au contingent des domestiques de Brin faisait toujours forte impression.

"Hé, toi," lança Genethah Illoc, membre mineur mais noble de la maison Indoriil, alors que Dob lui présentait un verre de vin. "Es-tu né esclave ?"

"Non, sedura," répondit Dob d'une courbette. "Avant je détroussais les jolies dames dans votre genre sur les routes."

Toute l'assemblée rit avec délectation. Kelmeril Brin vérifia tout de même auprès du marchand d'esclaves auquel il avait acheté Dob, qui confirma ses dires. Le Bosmer avait été bandit de grand chemin, de renommée certes limitée, avant d'être arrêté et vendu en esclavage pour punition. Le fait qu'un personnage si réservé et ayant toujours baissé les yeux à la vue de ses supérieurs ait pu être un criminel paraissait tout bonnement extraordinaire. Brin se résolut à le questionner à ce sujet.

"Utilisais-tu une arme lorsque tu détroussais tous ces pèlerins et marchands ?" s'enquit Brin dans un sourire, alors que Dob nettoyait le sol.

"Oui, sedura," répondit humblement Dob. "Un arc."

"Bien sûr. En tant que Bosmer, tu devais le manier fort habilement," Brin réfléchit un moment puis demanda : "Tu étais bon tireur, non ?"

Dob opina humblement du chef.

"Tu enseigneras donc l'archerie à mon fils Wodilic," ajouta le maître après une courte pause. Wodilic était un enfant pourri gâté par sa mère, la précédente épouse de Brin, âgé de douze ans. Le garçon maniait l'épée sans aucune conviction, bien trop effrayé par une éventuelle coupure. Il entachait la fierté de son père, mais l'arc semblait être la réponse idéale à ce défaut de personnalité.
Brin fit acheter par son châtelain un arc finement ouvragé, plusieurs carquois de flèches et ordonna que l'on installe des cibles dans la prairie tout près de la maison. Les cours commencèrent après quelques jours.

Pendant les premiers jours, le maître observa Wodilic et Dob pour s'assurer des qualités pédagogiques de l'esclave. Il fut ravi de voir que le garçon avait appris la prise en main et les différentes postures. Ses affaires reprirent cependant la priorité et Brin n'eut que le temps de veiller à ce que les leçons continuent, sans toutefois vérifier la manière dont elles progressaient.

Il lui fallut un mois avant de revenir observer son fils. Brin et son châtelain étudiaient les comptes de la plantation lorsqu'ils en arrivèrent aux différentes dépenses liées à la maison.

"N'oubliez pas de vérifier combien de cibles il nous faudra changer."

"J'ai déjà anticipé cette dépense, sedura," répondit le châtelain. "Elles sont en parfait état."

"Comment cela est-il possible ?" Brin secoua la tête. "J'ai vu des cibles se fendre en deux après quelques bons coups. Après un mois de leçons, il ne devrait plus en rester une seule."

"Aucun trou n'est venu marquer les cibles, sedura. Vérifiez par vous-même."

Comme tous les jours à cette heure, la leçon de tir était en cours. Brin traversa la prairie et observa Dob guider le bras de Wodilic, tandis que le garçon visait le ciel. La flèche passa au-dessus de la cible et vint se planter dans le sol. Brin examina la cible et la trouva, comme le lui avait indiqué son châtelain, en excellent état. Aucune flèche ne s'y était plantée.

"Maître Wodilic, vous devez allonger davantage votre bras," disait Dob. "Et vous devez accompagner votre flèche si vous voulez lui donner un minimum de hauteur."

"De la hauteur ?" grogna Brin. "Et pourquoi pas de la précision ? À moins qu'il n'ait secrètement abattu des nuées d'oiseaux, tu n'as absolument rien appris à mon fils du tir de précision."

Dob s'inclina avec humilité. "Sedura, maître Wodilic doit d'abord apprivoiser l'arme avant même de penser à la précision. À Val-Boisé, nous apprenons en regardant la flèche s'élever à différentes hauteurs, sous différents vents, avant d'essayer d'atteindre une cible."

Brin devint fou de rage : "Je ne suis pas idiot ! Je n'aurais jamais dû confier l'éducation de mon fils à un esclave !"

Le maître attrapa Dob et le poussa jusqu'à la maison. Dob, tête baissée, commença à marcher à pas lents, comme on le lui avait appris. Wodilic, dont les joues ruisselaient de larmes, essayait de les suivre.

"Toi, tu restes ici et tu t'entraînes !" gronda son père. "Essaie donc de viser la cible, pas le ciel ! Tu ne rentreras pas à la maison avant d'avoir mis dans le mille !"

Le garçon reprit l'entraînement malgré ses larmes, tandis que Brin conduisait Dob dans la cour, réclamant son fouet. Dob prit soudainement la fuite et tenta de se cacher entre des tonneaux posés au centre de la cour.

"Tu dois être puni, esclave ! Je n'aurais jamais dû être clément le jour où je t'ai acheté !" Brin braillait et fouettait le dos nu de Dob avec rage. "Je dois t'endurcir ! Finie pour toi la sinécure, tu ne seras plus ni tuteur ni valet !"

Le cri plaintif de Wodilic s'éleva de la prairie : "J'y arrive pas ! Père, j'y arrive pas !"

"Maître Wodilic !" répondit Dob aussi fort qu'il le pouvait, sa voix tremblant de douleur. "Gardez le bras gauche bien tendu et visez légèrement vers l'est ! Le vent a tourné !"

"Arrête de dire n'importe quoi !" cria Brin. "Tu travailleras dans les champs de riz de sel si je ne te bats pas jusqu'à la mort ! C'est tout ce que tu mérites !"

"Dob !" cria le garçon, à distance. "J'y arrive toujours pas !"

"Maître Wodilic ! Reculez de quatre pas, visez vers l'est et ne craignez pas la hauteur !" Dob quitta les tonneaux pour aller se cacher sous un chariot, contre le mur. Brin le poursuivit, faisant pleuvoir les coups.

La flèche du garçon dépassa la cible et poursuivit son ascension, atteignant son faîte au-dessus de la maison, avant de redescendre en une courbure harmonieuse. Brin sentit le goût du sang avant de comprendre qu'il avait été touché. Il leva délicatement les bras et sentit la pointe de la flèche enfoncée dans sa nuque. Il regarda Dob, ramassé sous le chariot, et crut voir un léger sourire sur les lèvres de l'esclave. Juste avant de mourir, Brin reconnut en Dob le visage du bandit de grand chemin qu'il avait été.

"En plein dans le mille, maître Wodilic !" exulta Dob.